Arsène asperge (Pierre Frey)

Les mots du textile : lexique spécial fils

Ici, sur ce blog, on aime le textile autant que les mots, donc pourquoi ne pas lier les deux en vous expliquant (si besoin est) les mots propres aux fils et aux tissus ? Cet article vous donne les bases de vocabulaire spécifique pour parler des fils, point de départ des tissus.

Les deux grandes familles de fils

Filaments / fibres discontinues

Pour former un tissu (par tissage ou tricotage), on a d’abord besoin d’un fil. Celui-ci est soit un filament, c’est à dire un fil « infini », sans discontinuité, soit il est issu de fibres discontinues : des portions courtes qu’il faut assembler par torsion pour obtenir plus de longueur. 

La soie est un filament : en défaisant le cocon du papillon Bombyx du mûrier on obtient naturellement une longueur de 700 à 1200 mètres.

Le coton, la laine, le lin, le chanvre, sont des fibres discontinues.

Les matières artificielles et synthétiques donnent des filaments (longueur illimitée lors de la production), mais on peut les sectionner volontairement pour faciliter les mélanges avec des fibres discontinues naturelles.

Comme les filaments sont lisses et homogènes, ils subissent parfois une texturation qui leur confère une « frisure » afin d’avoir plus de gonflant, de volume, d’aération…

Avant la filature

Pour préparer les fibres discontinues à devenir tissu, on procède, dans l’ordre :

Au cardage

Opération de démêlage et alignement des fibres. Le cardage moderne se passe via des tambours garnis de très fines pointes d’acier, qui tournent à grande vitesse afin de diviser et paralléliser les fibres, tout en retenant les impuretés végétales résiduelles. Il existe des méthodes plus anciennes ou artisanales pour carder à la main (cardes à main) ou avec des rouleaux (cardeuse à rouleaux : un peu comme un rouleau bobine tournant contre un autre rouleau qui ressemble à une brosse à cheveux ronde pour brushing).

Le mot cardage vient de chardon : cela est assez parlant comme image pour se représenter l’idée de petits pics fins passant dans la matière.

Au peignage

Après le cardage, les fibres se trouvent parallèles et réunies en mèches. On procède alors au peignage, qui va agir plus finement pour séparer les fibres courtes des fibres longues, éliminer encore de petites impuretés, individualiser les fibres.

Les fibres courtes vont donner des fils peu denses et gonflants.

Les fibres longues, des fils réguliers, fins, solides, pour des tissus plus nets et structurés.

L’opération de peignage est facultative et réservée à la production de fils de qualité supérieure (on peut d’ailleurs trouver la mention de « coton peigné » comme gage de qualité). 

On parle donc de filature cardée (sans peignage avant filature, juste le cardage), de filature peignée (cardage + peignage) ou de filature semi peignée (aucun peignage en fait, mais une meilleure parallélisation des fibres que dans le cas standard en système cardé).

Sans surprise, le matériel utilisé pour pratiquer le peignage ressemble vraiment à des peignes, même si les peignes sont intégrés à différents types de machines !

La filature

Pour former des fils à partir de fibres discontinues, on emploie l’une de ces techniques (choisies selon les caractéristiques, la nature des fibres) :

– Filature à anneau (« ring »)

– Filature au compact

– Filature à bouts libérés (« open end »)

– Filature au jet d’air

Le but des ces différentes techniques est toujours d’assembler des fibres discontinues en mèches que l’on affine progressivement jusqu’à l’obtention de fils.

Composer le fil définitif

Il ne suffit pas d’utiliser un filament continu ou des fibres discontinues qu’on a pu aligner et maintenir ensemble pour obtenir le fil définitif qui formera l’étoffe. On a recours à différentes constructions pour singulariser, étoffer, rendre plus épais et solide, plus lisse ou moins lisse, un fil. Il s’agit parfois d’assembler plusieurs fils pour n’en former qu’un. Voici ces constructions de fils :

– Fils moulinés : composés de plusieurs fils ou brins, ils ont subi une torsion (sens S ou Z).

– Fils simples : obtenus à partir de plusieurs brins (et non fils) torsionnés comme dit ci-dessus.

– Fils retors : plusieurs fils simples sont retordus ensemble (souvent en inversant le sens S ou Z de torsion par rapport à l’étape moulinage initiale).

– Fils câbles : plusieurs fils dont au minimum un fil retors sont retordus ensemble.

– Fil guipé : constitué d’un fil au cœur appelé âme qui sert d’axe central, et d’un fil qui vient s’enrouler autour de lui de façon dense et le couvrir (utilisé par exemple pour des fils élastiques avec un fil extérieur coloré, pour un fil décoratif brillant fait de lurex entourant l’âme, etc).

– Fil fantaisie : association d’un fil simple, un fil d’effet, et un fil de lien (fil chenille, fil bouclette …).

La torsion appliquée aux fils varie et influe sur le résultat : une torsion faible donne un fil souple et gonflant, quand une torsion forte rigidifie et donne de la solidité.

Désigner la « grosseur » d’un fil

En textile, on parle de titrage pour qualifier l’épaisseur / la finesse d’un fil.

Quelques tissus dont les caractéristiques proviennent des fils employés

Des fils particuliers donnent des tissus immédiatement reconnaissables, auxquels on a donné des noms pour désigner leur caractère esthétique fort et typique. Le choix de fils ou les actions mécaniques exercées sur ces fils sont déterminants pour ces tissus ; les voici :

– Tissu flammé : un tissu flammé est tissé avec des fils flammés, c’est à dire des fils irréguliers dans leur épaisseur (ils grossissent puis rétrécissent puis grossissent, ce qui donne « les flammes »). Dans le tissu, on distingue l’effet des flammes, c’est comme si la matière se trouvait plus concentrée par endroits. On se rapproche d’un effet chiné mais ce n’est pas la couleur qui change, c’est l’épaisseur des fils qui donne un rendu non homogène, en ton sur ton.

– Tissu crêpe : le crêpe résulte de la torsion crêpe préalablement appliquée aux fils. La torsion crêpe consiste en une torsion si forte des fils que ceux-ci se rétractent, donnant une déformation. Le toucher crêpe est granuleux (finement bosselé) et sec.

– Tissu chiné : étoffe tissée avec des fils de deux couleurs, ou davantage, différentes. Ces couleurs ont été mixées dans les fils assemblés par torsion.

– Tweed : le tweed comprend des fils fantaisies (chinés, boutonnés, flammés, chenillés…) et des variations importantes de diamètres de fils (titrages) dans le tissage. On a également des couleurs différentes, qu’elles soient en camaïeu (blanc, gris, noir) ou tranchées (exemple : blanc, gris, rose). Avec un simple tissage toile, on peut obtenir un tissu vraiment original et riche.

– Tissu bouclette : l’emploi de fil bouclette (à petites bourrettes) dans le tissage a donné son nom au tissu.

Le mot de la fin

C’est fini pour aujourd’hui concernant les mots spécifiques pour parler de ce qui a trait aux fils dans un tissu ! Aurez-vous envie maintenant d’examiner de très près les tissus, pour observer en quoi les fils leur donnent leur identité ? Challenge du jour, saurez-vous différencier à l’œil (ou à la loupe) une torsion de fil sens S ou sens Z ?

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